Le Blog de Maman K.

En quête du meilleur pour l'éveil de nos enfants


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J’ai craqué…ou comment réparer et poursuivre le chemin de la bienveillance

Je lis bien souvent des articles sur le thème de la bienveillance et de la parentalité positive, comment éviter les crises, comment gérer sa colère, comment gérer le comportement de nos enfants, … mais jamais, oh non jamais d’articles qui traitent de ces moments que l’on connait toutes et tous : les “craquages” ou “pétages de plombs”.
Parce que oui, même si nous avons les meilleures intentions du monde envers nos enfants, et que nous sommes bienveillants à 99% du temps, il faut bien l’avouer, il nous arrive à nous aussi de craquer et de blesser nos enfants.

Cet article a donc pour objectif, en toute humilité, de donner des outils aux parents qui ont la volonté de mettre en pratique un accompagnement bienveillant et qui malgré leurs efforts… craquent et craqueront certainement encore…

En fait, que ce soit bien clair, au vue de notre histoire personnelle et de l’éducation telle qu’elle a été appliquée jusqu’à ce jour, et à moins d’avoir été élevé par une famille parfaite – genre Isabelle Filliozat en maman et Olivier Maurel en papa, et encore, il n’y a pas de parents parfaits…, il est impossible de ne pas blesser un enfant lorsqu’on l’accompagne au quotidien….

Ce qui est possible, en revanche, c’est de ne pas inscrire ces blessures définitivement dans le corps d’un enfant – blessures qui, rappelons le, peuvent jusqu’à modifier la nature de sa propre personnalité -, et de faire en sorte que ces épisodes (que vous regrettez certainement déjà) ne s’installent pas dans sa mémoire, comme un traumatisme (au plus profond de son amygdale cérébrale), qui pourrait rejaillir ensuite, telle une bombe à retardement, sur la première personne qui passe (frère, soeur, camarade) ou dans une crise démesurée, ou encore dans des crises d’angoisses inexpliquées.
Non seulement ça ne permet pas à l’enfant de se libérer de la blessure que vous avez occasionnée chez lui mais en plus il est “étiqueté” et probablement sanctionné pour sa “mauvaise conduite”, ce qui entretient le cercle vicieux de la violence.

C’est ce qu’explique Brigitte Oriol au cours de ses ateliers. Pour moi, cela a été une révélation et pour chaque parent bienveillant, c’est à mon sens une révolution!!!!

Alors, voilà, oui, vous avez craqué, vous avez “pété les cables” comme on dit…. La phrase de trop a été dite, votre colère a explosé. Et vous ne vous sentez pas bien du tout car ce n’est pas ce que vous souhaitiez pour votre enfant, ni pour votre relation avec lui…

Vous le savez bien au fond de vous, vous avez reproduit le schéma familial, c’est encore un mauvais tour des blessures de notre passé qui sont restées dans notre cerveau en attente d’être traitées. Tous les efforts que vous avez fait pour être un parent bienveillant sont réduits à néant, tout est à refaire…. Bonjour culpabilité!
Et bien non, non, non, pas du tout. C’est le contraire, il s’agit d’un simple incident de parcours, alors on se reprend, on agit et on fait en sorte de limiter les dégâts émotionnels….

Comment ? Petit kit d’urgence pour parent bienveillant.

1. Stop au robinet de cortisol.
Le cortisol, qui est une hormone ‘saine’ de défense et de survie de l’espèce humaine, est néfaste lorsqu’elle est sécrétée en trop grande quantité et trop longtemps. Un enfant en stress sécrète du cortisol et ne peut pas s’arrêter tout seul. Seul un adulte peut l’aider. Donc on ferme le robinet, dès que possible.
Pour cela, c’est très simple : le ton de la voix – quand il est bienveillant, enveloppant, maternel, emphatique – entraîne immédiatement une chute de cortisol. Le regard aussi peut permettre de fermer le robinet, le contact physique (caresses, gratte gratte, massage)…

2. Reconnaître les dégâts émotionnels de votre enfant. 
Vous lui avez fait du mal, dites-le, s’excusez ne suffit pas. Il faut reconnaître ses émotions, celles que vous avez déclenchées.
On peut dire par exemple, avec un un regard plein d’amour et un ton de voix tout doux : “mon coeur, j’ai du tellement te faire peur tout à l’heure quand j’ai crié et que je t’ai dit ….”

3. L’enfant décharge les tensions occasionnées par la peur.
Si l’étape 2 a bien fonctionné, votre enfant devrait décharger ses émotions, se décabosser comme une voiture chez le carrossier, en vous répondant par exemple, avec des sanglots : “Oh oui, maman, tu m’as fait peur, tu es méchante…” Il peut aussi taper, lancer des objets, essayer de mordre… C’est son cerveau reptilien qui entre en jeu.
Si c’est le cas, bravo. Et si vous n’aimez pas qu’il utilise un certain vocabulaire (“t’es méchante”), et bien là faites une exception, ce n’est pas le moment de le reprendre, de lui faire la leçon et de lui dire “on ne dit pas cela à maman…” Acceptez ses émotions, accueillez-le à bras ouverts. 

Dans toutes les circonstances, vous restez le parent qui accompagne un enfant doté d’un cerveau immature, en voie de maturation.

4. Rétablissez toujours le lien.
C’est toujours l’adulte, qui est doté d’un cerveau mature (cortex opérationnel), qui doit rétablir le lien et montrer à l’enfant qu’il est aimé, que la colère est passée, que le lien d’amour n’est pas rompu.
Laisser un enfant dans une situation trouble ou le laisser venir ramper pour vous demander pardon est une situation d’un stress immense pour lui, néfaste pour son cerveau, qui ne fera que flatter votre égo mais qui ne lui apportera rien de positif et de concret. Donc prenez-le dans vos bras, excusez-vous, faites-lui un câlin afin de lui faire sécréter de l’ocytocine, l’hormone du bonheur.
Plus un enfant sécrète de l’ocytocine, plus il est heureux.

5. Expliquez-lui qu’il n’est pas normal de taper, de crier ou de faire peur à un enfant.
L’accompagnement bienveillant est semé d’embuches, il faut expliquer à votre enfant que vous allez faire en sorte de ne plus lui faire peur et que si ça vous arrive à nouveau, qu’il n’hésite pas à vous dire “Arrête, j’ai peur”et dites lui que tout le monde fait des erreurs, que l’on ne comprend pas toujours les besoins des enfants avec nos cerveaux d’adulte…. etc.

6. Protégez votre enfant de vous.
Le meilleur moyen d’éviter vos débordements émotionnels, c’est d’expliquer à votre enfant qu’il peut se protéger contre eux quand cela arrive. Qu’il a le droit de vous arrêter. Et lorsqu’il le fait, accepter son message et stopper, sans le renvoyer sur les roses. Pas facile au début, mais très efficace.
“Arrête Maman, j’ai peur” ou “Maman, tu peux me parler sans crier” ou “maman, arrête, tu me fais mal quand tu dis cela…” “papa, tu n’as pas le droit de…”
C’est simple et efficace et cela a le mérite de vous arrêtez avant qu’il n’y ait trop de dégâts… C’est en entendant la peur dans la voix de l’enfant que l’on peut désamorcer notre déchainement. Les enfants apprennent très vite à se défendre et c’est un excellent outil pour qu’ils apprennent à se protéger de vous ou des abus des adultes en général.

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Enfin, il n’est jamais trop tard, il est toujours possible de “réparer” une situation qui est restée nouée, même si elle est plus ancienne, en procédant de la même façon.
Il vous suffit simplement de faire le lien avec une situation présente : “Quand je te vois taper comme cela, cela me rappelle quand tu avais tapé ton frère il y a quelques jours/mois… tu te rappelles comme je me suis énervée, je ne comprenais pas pourquoi tu pouvais agir ainsi, et j’ai réagi en criant et en t’isolant dans ta chambre. Je n’ai pas su faire autrement à cet instant là. C’est cruel de faire cela a un enfant. J’ai du te faire tellement peur…” et on revient à l’étape 2. Tout simplement.

Bon c’est pas si compliqué finalement. On adopte un accompagnement bienveillant mais si on craque, exit la culpabilité car elle nous empêche de nous responsabiliser pour réparer ensuite. Donc, on reste dans une démarche bienveillante.

Il arrive que nous n’arrivions pas toujours à garder notre sang froid et que nos émotions ou l’histoire de notre passé prennent les commandes pour nous faire agir exactement contre ce que nous luttons, la violence…
Ne vous découragez pas, gardez cette conscience et ce discernement sur l’impact de vos actes, c’est la clé de la libération de ces conduites agressives et l’équilibre affectif au sein de votre famille – d’ailleurs une loi protège désormais nos petits trésors des violences physiques – enfin!!!). Alors quand on a craqué, on a surtout le devoir de réparer.

Oui, on est d’accord, c’est tellement difficile d’être parents.

 

***

Pour en savoir plus sur Brigitte Oriol et ses ateliers : 

http://www.alice-miller.com

Page Facebook de Brigitte Oriol

Livres clés d’Alice Miller : Ta vie sauvée enfin – Notre corps ne ment jamais – Le drame de l’enfant doué


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L’Activité Montessori du Jour : des pailles dans le bain

Ce soir, à l’heure du bain, j’ai proposé à mon petit bonhomme d’apporter des pailles colorées dans le bain !

Apporter un nouveau jeu dans le bain, c’est un bon moyen d’apporter un peu de fantaisie à notre rituel quotidien… Et j’ai pensé aux pailles comme cela… non seulement parce que tous les enfants adorent faire des bulles dans leurs verres d’eau et tout éclabousser (…) mais aussi parce que, souffler dans une paille (même imaginaire), c’est un excellent exercice de relaxation pour les enfants comme pour les adultes, idéal donc en fin de journée pour évacuer le stress ! (Et c’est d’ailleurs l’un des exercices évoqués à l’occasion du dernier atelier d’Isabelle Filliozat “le masque à oxygène” pour nous aider à gérer notre stress).

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Bref, les idées les plus simples sont souvent les plus appréciées et mon petit bonhomme a adoré ! Il a fait des bulles de savon dans un verre, a imaginé un jacuzzi pour ses animaux marins, a construit une paille géante (en observant les couleurs par superposition), a fait des chatouilles/massages à ses petits pieds avec les bulles, a transformé la paille géante en cerceau, puis en bateau, s’est servi de sa paille pour faire une trompe d’éléphant … Il a laissé libre court à son imagination, sans contrainte ni restriction – les grosses bulles et les éclaboussures sont bien sûr autorisées…

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Il s’est amusé et a soufflé dans les pailles tout le temps du bain, et nous avons partagé un beau moment de rires et de jeux. Il est sorti du bain zen et détendu, très content de ses nouvelles expériences aquatiques. Et le lendemain, il a voulu recommencer bien sûr…

A essayer d’urgence !

 


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Parentalité positive : une belle rencontre avec Isabelle Filliozat

Hier soir, j’ai assisté à la conférence d’Isabelle Filliozat ! Quel bonheur ! A l’issue de la conférence, je suis confortée dans mes choix éducatifs. Quelle joie d’entendre ces conseils de la bouche d’une professionnelle  qui redonne enfin la parole à l’enfant.

Voici quelques unes des idées à retenir :

– Un enfant n’est pas en compétition avec ses parents / l’adulte. Il ne cherche pas à nous provoquer, nous mettre en colère, à nous stresser mais tout simplement à satisfaire ses propres besoins.

– Les deux besoins principaux d’un enfant sont (1) l’attachement – base de sa sécurité – et (2) la liberté.

– Poser des limites à un enfant (ce qu’il ne faut pas faire => formules négatives) et donc lui dire sans cesse “ne touche pas ceci” ou “ne fait pas cela” ne sert à rien et est impossible : l’enfant ne comprend pas (son cerveau n’assimile pas la négation “ne… pas”) et va se concentrer (et donc faire) ce qu’on lui demande de ne pas faire…

– A l’inverse, il faut expliquer à l’enfant les règles (comment faire – positif). Comme dans un jeu. Les enfants adorent les règles et s’amusent à un certain âge à en inventer. (“On court sur la pelouse, au bord de la piscine, on marche”).

– La maman (ou la personne qui s’occupe le plus de l’enfant) est la figure d’attachement principale. C’est avec cette personne que l’enfant pourra exprimer tous ses états émotionnels. En fait, un enfant accumule des émotions variées tout au long de la journée mais ce n’est que lorsqu’il voit sa maman qu’il s’autorise à sortir ses émotions. Il est donc normal de récupérer son enfant en pleurs à la crèche ou à la sortie de l’école (alors que tout s’est bien passé toute la journée)… Il faut savoir écouter, donner de l’empathie.

– La maman est comme un porte-avion. L’enfant comme un petit avion explore et retourne sur le porte-avion quand il a besoin de sécurité. (image du pédopsychiatre : Nicole Gedeney)

– Le stress déclenche 3 réactions : (1) l’attaque (agressivité), (2) la fuite et (3) l’immobilisation (on se fige pour s’insensibiliser, s’isoler de la douleur).

– L’agressivité est donc un mécanisme de défense sain du cerveau qui se protège du stress.

– A 4 ans, un enfant est capable de retenir 1 consigne. A 8 ans, il peut en retenir 5 au maximum.

– Il est important de remplir le réservoir d’attachement de son enfant. L’amour est son carburant.

– L’amour n’est pas une récompense, c’est un carburant.

– Jouer avec un enfant 30 minutes par jour suffit à réduire de façon drastique les hormones de stress chez un enfant. C’est idéal pour réduire les conflits en période de crise par exemple.

– Un enfant a besoin de temps. Laissez le temps à son enfant le matin pour se préparer par exemple : se lever plus tôt pour avoir le temps de jouer, etc.

– Le parent ne doit pas s’arrêter au comportement de l’enfant (un enfant de 10 ans insulte sa maman par exemple) mais réfléchir à ce qui motive ce comportement. L’insulte n’est que la partie visible de l’iceberg. Le coeur du problème est enfoui. D’une manière générale, un enfant reporte sur sa maman ce qu’il a vécu. (On l’a insulté à l’école ou il a été témoin d’une scène dans laquelle il y avait un échange d’insultes, dans l’exemple en question). Comment réagir ? Respirer. Le regarder avec amour et tendresse et lui dire “tu as eu une journée difficile aujourd’hui”. Puis creuser. Les raisons sont au choix : carence d’attachement, décharge de stress ou violation de son libre-arbitre.

– Eviter de donner des ordres. Proposer des choix (tu préfères prendre une douche ou un bain ce soir ?). Les ordres empêche l’enfant de prendre contact avec son cerveau frontal (celui qui nous fait réfléchir) et est source de frustrations.

– Les câlins sont magiques. Au bout de 7 secondes, l’enfant sera inondée d’ocytocine, une hormone pleine d’amour et de bien-être.

– L’IRM fonctionnel a montré qu’un parent qui a reçu une dose suffisante d’amour lorsqu’il était enfant réagit naturellement avec tendresse (décharge d’ocytocine) avec un enfant qui pleure ou lui tend les bras. A l’inverse, un parent qui n’a pas reçu assez d’affection alors qu’il était enfant, sera inondé par l’hormone du stress (cortisol) à la vue d’un enfant qui pleure ou réclame de l’attention. Le cerveau préfrontal (la réflexion) aide ces personnes à contrôler leur réponse et à réagir avec tendresse mais en cas de stress ou de fatigue intense, il est facile pour ces personnes de perdre le contrôle et de se laisser gagner par la colère.

– Un enfant qui n’a pas reçu assez de câlins enfants a moins de récepteur d’ocytocine à l’âge adulte qu’un enfant qui a été choyé. Mais, il est toujours possible d’augmenter le nombre de récepteurs de ces personnes en faisant des câlins, toujours des câlins, encore des câlins. (Même si au départ les câlins sont rejetés, il faut persévérer…)

– Se répéter : “ce que j’apprends à mon enfant c’est avant tout mon comportement. Il m’imite.”

– Etre vigilant avec l’alimentation des touts-petits (colorants et sucreries, gluten, etc. ne font que décupler les comportements agressifs et provoquent des déficits d’attention).

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire ses ouvrages, notamment  pour débuter “J’ai tout essayé” ou “Au coeur des émotions de l’enfant”.

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Mes prochaines lectures seront : “il n’y a pas de parents parfaits” (Isabelle Filliozat) et “qui veut jouer avec moi?” (Lawrence Cohen, préface Isabelle Filliozat). Isabelle Filliozat a pris le temps de dédicacer mes livres, je suis fan !