Le Blog de Maman K.

En quête du meilleur pour l'éveil de nos enfants


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Les bienfaits des massages bébés : un point avec Géraldine

Les massages bébés, tout le monde en parle mais cela reste une notion assez vague pour vous… ?

Aujourd’hui, je vous propose de faire la connaissance d’une jolie personne, Géraldine, sage-femme et instructrice en massage bébés, qui nous explique les bienfaits des massages et ses bonnes pratiques.

Le massage est un geste d’amour et de bienveillance : il sécurise l’enfant, l’aide à dépasser des traumatismes, à se développer en confiance, à communiquer… bref que de bienfaits que je vous propose de découvrir au travers de cette interview…

Belle découverte et bons massages !

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Géraldine, pourrais-tu te présenter et expliquer comment tu as découvert les massages bébés ?
Après avoir entrepris des études de médecine, je me suis tournée vers le métier de sage-femme. Une profession qui accompagne les femmes tout au long de leur vie et bien sûr les couples à un moment particulier, un grand événement: la naissance de leur enfant. Au fil des années, je me suis aperçue, que si les parents avaient des interlocuteurs médicaux ou paramédicaux lors de la grossesse, ils pouvaient se sentir bien démunis après la naissance. La “rencontre” avec le bébé, prendre confiance pour s’en occuper nécessitait un accompagnement plus spécifique. La médecine ne fait pas tout ! De ce fait, j’ai effectué quelques recherches et j’ai découvert le massage bébé, qui offrait de nombreux bénéfices pour l’enfant et les parents.

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Quels sont les bienfaits des massages sur les bébés? On m’a dit que cela pouvait aider les bébés qui ont eu une naissance difficile ou des séjours en néonatologie. Qu’en penses- tu? 

Les bienfaits des massages sont si nombreux qu’il est impossible d’être exhaustive sur ce point. D’ailleurs, des laboratoires de recherche travaillent sur le sujet. Des études rapportent, que des bébés prématurés (médicalement stables) bénéficiant de 3 massages de 15 minutes par jour et pendant 5 jours prenaient plus de poids (47%) que les bébés ne recevant pas de massage 1. Des gestes simples peuvent apaiser l’enfant après une naissance difficile, notamment, la “position magique”, où l’on soutient la tête et les fesses du bébé. Une façon de lui rappeler l’univers dans lequel il était: l’utérus. Outre les maux (coliques, poussée dentaire, douleur liée à la croissance…) qui peuvent être soulagés, toucher son bébé, c’est communiquer avec lui. Ce toucher bienveillant engendre des réactions chimiques dans notre corps, il favorise la sécrétion d’ocytocine, l’hormone de l’accouchement mais aussi celle qui favorise le lien d’attachement et diminue l’anxiété. Un bénéfice valable pour le bébé et le parent qui masse. (Petite parenthèse, il est tout de même important de souligner, que ces massages n’ont pas de visée thérapeutique et que dans les cours, l’instructeur explique au parent le massage à l’aide d’un poupon.)

Quand et comment commencer avec un bébé ? 
Le massage peut être débuté dans le 1er mois de la naissance. Plus les moments d’éveil seront longs, plus l’interaction sera grande. C’est un apprentissage progressif qui s’adapte à la physiologie du bébé. On commencera plutôt par les jambes et les pieds, moins vulnérables après la naissance que la tête. Vouloir masser tout le corps de son bébé en une seule séance peut générer un peu trop de stimulations. Il faut prendre le temps, accepter qu’il ne soit pas disponible à certains moments. Le massage permet ainsi de décrypter les signes de son bébé et d’être plus attentif à ses différentes phases d’éveil et de sommeil.

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Y-a-t-il des ouvrages de références pour commencer chez soi ou une liste de cours disponibles? 
Parmi les ouvrages, celui qui me vient est celui de Vimala Mc Clure, « le massage des bébés » (éditions Tchou). Les livres plantent les décors mais manquent d’interaction…
Vous pouvez donc trouver des professionnels sur le site Association Française de massage pour bébé (http://www.massage-bebe.asso.fr/). Tous ne sont pas répertoriés, alors un petit conseil, renseignez-vous que l’instructeur soit certifié et qu’il prenne le temps de vous apprendre les gestes de massage en abordant les points théoriques clés. Choisir un cours, où l’on propose l’apprentissage de tous les gestes de massage en une seule fois, à voir, mais ce n’est peut-être pas la meilleure option…

Y-a-t-il une limite d’âge pour commencer les massages? 
Le massage peut être commencé à tout âge. Savez-vous d’ailleurs qu’il existe des programmes de massage dans les écoles? 2 Il n’est jamais trop tard ! Cependant, pour des raisons pratiques, les cours sont donnés du 1er mois jusqu’à, le plus souvent, 9 mois – avant que le bébé ne découvre la marche…

Faut-il instaurer un rituel autour du massage? Quelle fréquence est idéale pour les bébés? 
Selon le programme international de massage bébé, avant de débuter le massage, on demande la permission au bébé en même temps que l’on chauffe l’huile de massage dans ses mains. Au fil du temps, le bébé comprendra que ce moment annonce le massage. Au même titre que l’on lit un livre avant de se coucher, le massage peut s’inscrire dans une routine. N’oublions pas que la routine amène de la sécurité pour les tout-petits. Des parents massent leur bébé pour le rituel du coucher après le bain. Mais, chaque bébé est différent, pour certains il sera plus adapté de jongler entre bain et massage car les deux à la suite apporteront trop de stimulations. Bien sûr, il est possible de masser à d’autres moments de la journée, par exemple dans l’après-midi, avant la période d’agitation qui concerne 85% des bébés entre 3 et 12 semaines.

Avec la reprise du travail, il n’est pas toujours évident de prendre le temps de masser son enfant tous les jours. L’objectif est de passer un moment privilégié avec son bébé et que cela ne soit pas une corvée, alors même si c’est une fois par semaine, cela sera toujours bénéfique. A chacun de trouver son propre rythme!

Quel type d’huile faut-il utiliser? Quels produits à éviter?

Les parapharmacies regorgent de produits très attrayants destinés aux bébés, mais il faut rester vigilant et lire la composition des produits, on peut avoir parfois de mauvaises surprises… Mieux vaut rester simple, privilégier de l’huile végétale, bio de préférence, 1 ère pression à froid en évitant les huiles issues de fruits à coques pouvant être allergènes. Pour débuter un mélange d’huile de colza et de tournesol peut très bien faire l’affaire. Pour mes cours, j’utilise l’huile Skinhaptics, un mélange d’huile de prune, de coton et de tournesol, à l’odeur délicate qui n’interfère pas avec l’odeur du parent qui masse. Si vous avez une nouvelle huile, vous pouvez toujours la tester sur le dos de la main de votre bébé et attendre 24h. S’il n’y a pas de réaction, vous pourrez vous en servir pour le massage.

 

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Et si l’on veut devenir instructrice en massage bébé que faut-il faire ? Ou peut-on se renseigner pour aller plus loin?

 La formation d’instructeur en massage bébé est ouverte à tout le monde. Il y a plusieurs instituts qui proposent cette formation. Pour ma part, je parlerai de celle que j’ai suivi, c’est-à-dire celle dispensée par l’Association Française de massage pour bébé. Cette formation dure 4 jours, mais la certification est délivrée après avoir rempli une partie pratique et après avoir accompagné au moins cinq familles qui rempliront à leur tour une évaluation. Pour celles et ceux qui souhaitent se lancer vous trouverez les informations pratiques sur leur site http://www.massage-bebe.asso.fr/.

Sources :

  1. Stable preterm infants gain more weight and sleep less after five days of massage theray. Journal Of Pediatric Psychology, 28,403-11
  2. http://www.misa-france.fr/

 

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Vous pouvez retrouver le profil et les coordonnées de Géraldine sur son site : http://www.bebemassages.fr

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Interview de Michel Tozzi : Il n’est jamais trop tôt pour aborder la philosophie avec un enfant

J’ai le grand plaisir de vous présenter la rubrique “Interview” du blog, une rubrique pour partager de belles rencontres, des coups de coeur, des personnes qui me touchent et qui sont, comme moi, en quête du meilleur pour nos enfants… C’est un immense honneur de lancer cette rubrique avec l’interview de Michel Tozzi.

Attention, à la fin de cette interview, votre regard sur la philosophie et sur la philosophie avec les enfants va changer…

 

Michel Tozzi, vous êtes universitaire, philosophe et précurseur de l’enseignement de la philosophie à l’école maternelle et primaire. Dans quel cadre et en quelle année avez-vous introduit “des discussions à portée philosophique” avec des enfants ?

Une institutrice, A. Lalanne, qui connaissait le travail de M. Lipman, est venue me voir à la fac de Montpellier en 1998. Nous avons mis en place un groupe de recherche avec Alain Delsol, qui faisait les comptes rendus de mon café philo à Narbonne. Je suis régulièrement allé dans son CM1, et nous avons progressivement mis en place une méthode. Dès 2000, je faisais soutenir des maîtrises et des mémoires professionnels sur la question, puis la première thèse en 2003 de Gérard Auguet, qui portait sur la « discussion philosophique à l’école primaire, un nouveau genre en voie d’institution ». Depuis, une douzaine de thèses ont été soutenues…

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Quel âge avaient les plus jeunes enfants, comment ont-ils réagi ?

J’ai suivi Alain Delsol en grande section de maternelle quand il a été titularisé. Avec une thésarde, Johanna Leroy, nous avons recueilli un corpus d’un an et demi de discussions, analysant après chaque séance le déroulement pour les améliorer la fois d’après. C’est ainsi que nous avons mis en place un président de séance, un responsable du micro, un reformulateur. On avait aussi des dessinateurs, qui écoutaient, dessinaient en fonction de ce qu’ils entendaient, et commentaient leurs dessins. A la fin, on leur demandait à chacun de dire une phrase en conclusion, et on en affichait sur la porte. Les parents les lisaient, et ils étaient très contents…

 

Quels sont les bénéfices pour l’enfant en terme de développement de la pensée et du langage et en terme de comportement citoyen ?

Si on admet la thèse actuelle du co-développement du langage et de la pensée, travailler sur le langage permet d’approfondir sa pensée, et travailler sur la pensée crée une exigence d’affiner son expression linguistique. La discussion à visée philosophique, c’est de l’oral partagé, de l’interaction sociale verbale, qui développe à la fois la maîtrise orale de la langue, et des exigences intellectuelles de questionnement, de conceptualisation et d’argumentation rationnelle.

Par ailleurs, comme le dispositif est démocratique, avec un élève président de séance qui gère la parole avec des règles, et que l’on exige une éthique discussionnelle (parler chacun à tour de rôle, ne pas couper l’autre, ni se moquer de ce qu’il dit etc.), ce fonctionnement entraîne un comportement de civilité, qui accroit la cohésion sociale d’un bien vivre ensemble…

 

Que vous ont apporté ces échanges avec les enfants ?

Beaucoup ! Un étonnement devant leurs capacités réflexives, sous-estimées par l’école. Adulte, j’ai oublié l’enfance. Ils me remettent avec naïveté et massivité devant les questions posées à la condition humaine, car arrivant dans un monde qu’ils n’ont pas choisi, tout fait pour eux question. Ils m’aident en tant que philosophe à une reprise réflexive de leurs questions de fond…

 

Est-il possible de transposer ce type de discussion dans un cadre familial ?

Oui, mais ce n’est pas facile, car nous avons plutôt l’habitude de donner à nos enfants des réponses, ne serait-ce que pour boucher l’angoisse qu’ils nous transmettent avec leur questions incessantes sur la vie et la mort… Il faut au contraire cultiver chez eux le goût du questionnement, et les accompagner dans la réflexion, sans répondre à leur place. Un parent-philosophe, ça s’éduque…

 

La pédagogie Montessori met un point d’honneur à encourager et promouvoir l’autonomie de l’enfant. En ce sens, peut-on dire que que vos “ateliers” poursuivent le même objectif et qu’ils pourraient/devraient être intégrés dans le programme des écoles Montessori, par exemple ?

Le philosopher est une démarche active pour l’enfant (s’interroger, questionner, définir, argumenter etc.) et interactive par la discussion avec ses pairs sous l’accompagnement du maître ou de l’adulte. Toute pédagogie active et coopérative facilite l’introduction de ce type de pratique, et devrait en faire un pivot de l’apprentissage, pour développer la culture de la question, par lequel le rapport au savoir prend sens.

 

Si une école ou une association souhaite mettre en place des “ateliers philosophiques”, est-ce possible ? Si oui, quelles sont les démarches à suivre ?

Pour une approche plus détaillée et opérationnelle de cette pratique, voir mon article sur : « Animer une discussion philosophique » : ( http://www.philotozzi.com/2011/03/439/ )

Pour approfondir, voir mon site gratuit : www.philotozzi.com
Et ma revue publiée par l’Education Nationale : www.educ-revues.fr/diotime/
(Tous les articles de plus de trois ans gratuitement téléchargeables).

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Michel Tozzi, Professeur émérite en sciences de l’éducation,Université Montpellier 3

Dernier ouvrage : Nouvelles pratiques philosophiques à l’école et dans la cité, Chronique sociale, 2012
Site michel Tozzi : www.philotozzi.com
Revue Diotime: www.educ-revues.fr/diotime
Café philo Narbonne: http://cafephilo.unblog.fr
Université populaire Narbonne: http://upsnarbonne.unblog.fr/
Centre de recherche (CERFEE): http://recherche.univ-montp3.fr/cerfee/
Comité Rédaction Cahiers pédagogiques:www.cahiers-pedagogiques.com/
Pour télécharger le rapport de l’Unesco,première partie sur “la philosophie à l’école primaire dans le monde” rédigée par Michel Tozzi
http://unesdoc.unesco.org/images/0015/001536/153601F.pdf