Suivre les initiatives de l’enfant – « follow the child »

Je parlais dernièrement de l’importance d’un rythme plus lent, d’une vie plus simple avec des plages de temps libre où il n’y a pas de contrainte…

Dans nos moments libres, je m’efforce de ne rien proposer aux enfants et de les laisser libres de jouer, bricoler, etc. Ainsi les enfants peuvent trouver leur voie, sont libres de choisir l’activité qui répondra au mieux à leurs besoins intérieurs…

Je précise bien je m’efforce car je les influence tout de même par mes propres actions. Par exemple, si je me lance personnellement dans un projet, cela va les inspirer pour leurs propres projets ou ils voudront participer, m’aider dans mon projet. D’autres fois, ils gravitent autour de moi, papillonnent, observent, s’ennuient… puis tout à coup, ils se lancent dans tout autre chose…

Ce qui est sûr c’est que ces moments « libres » sont toujours riches d’explorations et d’apprentissages et j’en ai encore eu la preuve récemment alors que je triais des papiers. Mon petit bonhomme de 4 ans m’a regardé longuement organiser mes cours dans mes classeurs. Je me disais que ça n’avait pas grand intérêt pour lui, qu’il s’agissait de ma logique et il n’a d’ailleurs pas demandé à m’aider…

Et puis, sans que je ne le remarque, il a pris un classeur et il s’est appliqué lentement à l’ouvrir, à ôter puis à ajouter des feuilles dans le classeur en prenant soin de positionner les trous perforées bien en face des anneaux.

J’osais à peine respirer. Je n’en croyais pas mes yeux! Mais oui quelle excellente activité de motricité fine, d’observation, de vie pratique! Comment est-ce que je n’y avais pas pensé avant ?? C’est vraiment quelque chose que j’aurais pu lui proposer en atelier. Mais, en toute honnêteté, je n’y ai jamais pensé…. Un classeur : mais que objet magnifique !

Alors je l’ai observé (j’ai discrètement pris cette photo), en m’efforçant de ne pas le déranger et ne pas troubler sa concentration. Il ne fallait surtout pas l’interrompre !

Car, à ce moment précis, il était connecté à son besoin intérieur. Rien n’était plus important pour lui que de répéter ses gestes, encore et encore. Ce qu’il a fait pendant un long moment.

Je n’ai rien dit. Et il était si concentré qu’il n’a pas remarqué que je l’observais. Il était tout simplement concentré et heureux.

Parce que j’ai pu observer ce moment « hors du temps » et en comprendre l’importance, dans les jours qui ont suivi, j’ai pu rebondir et lui proposer de nouvelles activités de motricité fine : enfiler des perles (plus petites), appointer des crayons, accrocher ses dessins à une corde avec des pinces à linges, modeler des billes, peindre des formes… et bien sûr remplir les classeurs de feuilles perforées !

Merci à mes enfants qui sont ma source d’inspiration quotidienne!

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